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J'avais offert à mes anciens patrons de
l'hôtellerie une proposition d'assurances qui m'aurait rapporté
quelques 4,500$ de commission. Imaginez... J'aurais pu payer
toutes mes dettes d'un seul coup. J'aurais été riche parce que
comme on disait dans le temps - Qui paye ses dettes
s'enrichit!
Saint Joseph
et les vendeurs...
C'est ici que je fais appel à Saint Joseph,
parce que c'était le saint préféré de ma mère et elle n'avait
jamais été déçue... Peut-être que ses demandes étaient moindres
ou plus raisonnables que celle que j'allais faire...
Je n'avais rien à perdre. Alors, j'ai fait une
proposition en bonne et due forme à Saint Joseph. Si j'avais
cette commission, je verserais 10% pour les oeuvres du Frère
André, bien connu dans le temps pour les miracles qu'on lui
attribuait. Il m'a semblé que Joseph était d'accord, et son
fils aussi!
Avec mes 2 cousins qui avaient aussi des
faveurs à faire exaucer, on décide de marcher de St-Jérôme à
l'Oratoire Saint Joseph, situé à quelque 36 milles de là. Le 19
mars est le jour de fête de Saint Joseph et c'est un grand jour
de réjouissances à l'Oratoire.
Habituellement, on fait une neuvaine qui se
termine le 19 mars et si l'on n'a pas manqué une journée, on
est à peu près assuré d'être exaucé en fonction du degré de foi
qu'on a. Pour nous, on pensait qu'une marche de 36 milles
compenserait amplement pour le fait qu'on n'avait pas fait la
neuvaine depuis le début.
Le départ a eu lieu le 18 mars vers 6 heures
après le souper. Mes 2 cousins, plus intelligents que moi, ont
chaussé des bottines de marche. Moi, j'avais une belle paire de
souliers comme en portent les gens qui travaillent dans un
bureau... et cette année-là, la mode était aux souliers
pointus!
La marche...
un calvaire pour moi!
Aucun problème pour les premiers 13 milles
(20km). On marche allégrement et on arrête pour manger à
Ste-Thérèse. C'est là que les choses commencent à se gâcher
pour moi. Lorsque je me lève de table après avoir mangé, j'ai
mal partout, surtout aux pieds. Pas question d'enlever mes
souliers pour me masser les pieds comme j'ai envie de le
faire... Je n'aurais pas pu remettre mes souliers tellement ils
étaient enflés.
On reprend la marche et c'est de plus en plus
difficile pour moi. Les derniers 10 milles surtout... Un vrai
purgatoire, et ce n'est pas rien que mon âme qui souffre!
On doit s'arrêter souvent et s'assoir sur le
côté du chemin dans le banc de neige... Résultat : un fond de
culotte de plus en plus humide, de plus en plus inconfortable!
Mon cousin s'arrête dans une pharmacie ouverte la nuit à Ville
St-Laurent pour s'acheter un pot d'onguent Préparation H. C'est
vous dire les souffrances, moi les pieds, lui...
Ce qu'on aurait payé pour un bon bain
chaud...mais il fallait continuer! Chaque pas exigeait toute
mon énergie et mon courage.
Je ne pouvais m'empêcher de penser au fils de
Saint Joseph qui avait dû lui aussi marcher et endurer son
Calvaire. Au moins, je n'avais pas eu à porter de croix comme
il avait dû le faire... le poids de mes péchés me suffisait
pleinement. Heureusement, je n'ai pas chuté 3 fois comme lui,
car je n'aurais jamais pu me relever tellement je tombais de
fatigue.
Enfin, on arrive à
l'Oratoire.
Après avoir marché toute la nuit, nous sommes
arrivés à l'Oratoire juste avant la messe de 10 heures. Quand
j'ai vu toutes ces marches (que certains pèlerins montent à
genoux parait-il), je n'ai pas été capable de rassembler assez
d'énergie pour commencer l'ascension de l'escalier. Ceux qui
l'ont déjà vu comprendront mieux ce que j'ai ressenti à sa vue.
Il semble monter vers le ciel tellement il est haut. Vraiment
impressionnant!
Malheureusement, je n'ai pas pu réaliser
l'objectif de célébrer la fête de Saint Joseph dans l'Oratoire
ce jour-là. J'ai dû abandonner alors que j'étais si près du
but!
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